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Site littéraire et poétique personnel
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  • 04/12/12--08:18: Burvenich - Colaux
  • Illustrations : Laurence Burvenich  - Haïkus : Denys-Louis Colaux

    HAIKUS EN FORME D'ORCHESTRE SUR LA NUDITÉ

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    MAÎTRISE, VIOLONS
     
    Passent l'âme, l'eau
    le halo du pinceau sur
    le linge du geste.
     

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    LUMIÈRE, CUIVRES
     
    Et l'épaule lève,
    laiteuse, un peu vénitienne,
    son ampoule opale.
     

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    LUMIÈRE INTÉRIEURE, VIOLONCELLES
     
    Nue, afin qu'un astre,
    en la lourde et lente essence
    de son sang, infuse.
     

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    LIGNAGE, HARPE
     
    Tel un épi d'huile
    pris dans l'étui de sa cloche,
    nu, le corps éclôt.
     

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  • 04/12/12--08:37: CORPS & ÉCHOS
  • Illustrations : Laurence Burvenich - Textes : Denys-Louis Colaux

    Corps & échos

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    Les corps rêvaient
     
    Humbles 
    à la terrasse de leur nudité
     
    Précis
    masqués d'un lait d'ombre
    ils faisaient âmes avec eux-mêmes
     
    Les corps regardaient
    célestes
    passer leurs anges délivrés
     
     

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    Lents
     
    Parés de neige intimes
    ils couvaient les frissons de leurs ailes intérieures
     
    Les corps songeaient
    délassés
    aux horizons de leurs amarres
     
    Pâles
    voilés d'une once d'huile
    ils naviguaient au chevalet
     

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  • 04/13/12--01:31: Le Magne
  • Peintures : Laurence Burvenich - Poèmes : Denys-Louis Colaux

    LE MAGNE

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    BRUMES DU MAGNE
     
    De grands roulis de lait
    étendus de miel ocre et de sucre candi
    Des roulis d'âmes
    mêlés de gypse et de péchés véniels
    Roulaient
    sur des bastilles de sable et de pierre
    des manèges solubles
    d'humanité morte et naissante
     

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    OCHIA
     
    La vie par ses fissures
    par les nervures de ses rêves
    sue de l'encre à poème
    et du thé d'arc-en-ciel
     

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    LES PLAINES DU MAGNE
     
    Aux longs fils électriques
                  qui font entre deux crêtes
    passer le monde
             par le chas de l'aiguille
    sèchent les linges
    les dépouilles de mue
    de l'horizon lavé
     
    Des vergers de couleurs
    mouillés dans leurs racines
    hèlent de leurs chapeaux
    tout en haut du Péloponnèse
    les grands cheveux de la lumière
     

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  • 04/13/12--01:47: Usines & Fourneaux
  • Tableaux : Laurence Burvenich - Textes : Denys-Louis Colaux
     
     
    USINES & FOURNEAUX
     
     
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    Ces usines ne sont pas des usines. Ce sont des usines sur bois. Ce sont des fleurs de fumée, des essaims de papillons toxiques. Ce sont de dansants Versailles de poussière chaude. Des bras de braise, des badigeons qui touillent dans le ventre ouvert et les tuyaux d’orgues de l’arc-en-ciel. Ce sont de vrais fantômes vivants, des vaisseaux incarcérés dans les poisons de leurs haleines. Ce sont des lignes avalées dans des bouillons de suie, d’urée et de sang. Ce sont de vacillants calvaires de croix et bannières, des horizons shampouinés à l’eau de rouille, au jus de soufre, à l’huile d’extrême-onction.

     

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    Ces usines ne sont pas des usines. Ce sont des suées d’humanité perdue. Des cimetières en gésine de feux follets. Ce sont des espérances de pain blanc et de soupe, des rêveries de bord de mer. Ce sont des calicots qui brûlent parmi les nuages. Ce sont des batteries de vulcains mis à la chaîne, aux ordres, sous contremaître. Ce sont des vitraux d’éclipse et d’irruption. Ce sont des bûchers ardents. Des prières d’incinérer. Crachés mauve et deuil, le chant du cygne, l’agonie sale des Lumières. C’est Cézanne au charbon, au gaz, au feu, au trottoir.

     

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    Ces usines ne sont pas des usines. Ce sont des athanors étouffés dans leurs tuberculoses, des sanatoriums à l’envers. Ce sont des cathédrales d’asphyxie, des triomphes d’apocalypse. Ce sont des cracheuses de cendres, des souffleuses d’âmes. Ce sont des machines à boucaner les oiseaux, les étoiles. Ce sont, pour les musettes où viendra pavoiser la Camarde, des accordéons et des bugles à vous souffler la mort en pleine gueule. Ce sont, à l’unisson de leurs architectes, des machines qui toussent sous le ciel.